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Une belle histoire (ou un beau film !)



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Construit de décembre 1949 à avril 1950 par une société familiale, le Cinéma Moderne ouvre au printemps avec un parterre et une mezzanine de quatre cents fauteuils et strapontins en velour rouge et aux pieds en fonte peints à la poudre dorée.
Pour l'anecdote, ces fauteuils n'arriveront pas à la bonne adresse: en effet, il furent livrés à Eygurande, oui!... mais en Corrèze!
L'appareillage en cabine est constitué de deux projecteurs au charbon, achetés d'occasion à une salle parisienne et rappelant furieusement celui du nostalgique "Cinéma Paradiso". "Le Secret de Mayerling" inaugure l'ouverture.



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Dans les années 50, le Cinémascope fait son apparition. Aussi, les deux pans de mur arrondis qui encadrent la scène sont cassés pour accueillir un écran plus large.
Du même coup, les vingt quatre premiers fauteuils disparaissent sur le devant afin que les spectateurs des premiers rangs bénéficient d'un meilleur confort visuel.
Pendant des années, chaque habitant d'Aigurande et des alentours aura sa place numérotée pour voir les films mais aussi les actualités Gaumont car les foyers sont loin d'être tous équipés d'un téléviseur.
Les stars se bousculeront sur l'écran et la salle ne désemplira pas, quitte à rajouter des séances et des chaises.
Fin 1977, l'entreprise familiale se retire de la scène et met le cinéma en gérance. Rebaptisé "Modern'Cinéma", le changement se traduit dans le style: c'est "La Dernière Séance".
En complément du film du week-end, naît le ciné-club du vendredi soir.



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Le bar est ouvert à l'entracte et après les séances, les cinéphiles s'y retrouvent et discutent à bâtons rompus autour d'un ballon de beaujolais nouveau, une façon plutôt conviviale de prolonger la sortie ciné.
En juin 1979, le rideau tombe sur l'écran.
Au cours de l'année 1982, la Ville d'Aigurande achète le cinéma, change l'habillage de la scène et révise toute l'alimentation électrique, les installations n'étant plus conformes avec les normes de sécurité du moment.
Rideau, frises et pendrillons forment un nouvel écrin de tissu jaune doré pour l'écran.
En septembre 1983, un cinéphile passionné reprend le flambeau et rénove la cabine de projection: un nouveau projecteur à lampe Xénon et un ensemble de plateaux à pellicule remplacent les archaïques "Brooklys Simplex".

Résultat, le film défile comme dans les plus grandes salles et le cinéma à Aigurande affiche une bonne santé avec des séances tous les jours et plusieurs films par semaine, souvent en première exclusivité avec Paris.
En septembre 1988, une association de bénévoles poursuit l'activité et au printemps 1993, le cinéma subit pendant cinq mois une opération d'embellissement: l'imposante façade est nettoyée et recolorée, le déambulatoire est repensé avec la création d'un atrium dans le hall d'accueil. Les couleurs se disputent le gris, le noir, le bleu, le doré et évoquent immanquablement le style des "années folles".
La scène est agrandie sur l'avant et la contenance est ramenée à trois cent cinquante huit fauteuils.
L'écran et son habillage sont remplacés par un équipement scénique fonctionnel mieux adapté pour accueillir occasionnellement des spectacles.
Les lambris et les murs de la salle sont ravivés.


 
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L'ensemble retrouve son éclat d'antan avec les moulures en stuc et les revêtements de velours rouge, pérennisant le charme rétro et suranné des théâtres cinématographiques d'après-guerre.
Malgré son style désuet, la salle conserve une fringance indéniable. Mais en décembre 1996, le rideau rouge se ferme et le glas sonne sur le 7ème Art.
En septembre 1997, un circuit provincial s'intéresse au Cinéma Moderne et l'exploite. Hélas, c'est à nouveau l'écran noir pendant l'hiver 2000.
Malgré tout, le cinéma de campagne veut résister bon gré mal gré à l'arrêt sur image.
Début 2006, il renaît de ses cendres grâce à la détermination d'un professionnel indépendant qui se lance un défi: faire vivre le cinéma en milieu rural, et cela coûte que coûte.


 
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De nouveaux aménagements ambitieux sont réalisés par la Ville. Les revêtements des murs sont rafraichis, le sol de la salle est entièrement peint, les sanitaires subissent une cure de rajeunissement, et top du top, l'image et le son bénéficient des dernières technologies: le Dolby-Stéréo à l'arrière de l'écran et en ambiance dans la salle, un nouveau projecteur assorti d'un performant dérouleur de bobines et un système électronique de délivrance des billets.

En 2010 de nouveaux aménagements sont effectués. Il est procédé au remplacement des sièges pour donner un peu plus de confort aux spectateurs et un revêtement de sol est également installé.

 
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Aujourd'hui, le 7ème Art, le plus populaire des outils culturels, s'entête à vouloir habiter à Aigurande et on ne lui en voudra pas, c'est pour le bonheur de tous, résidents, vacanciers et visiteurs.
Longue vie au Cinéma Moderne et bon vent !











Merci à Dominique pour la rédaction de cet article.





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